L’an deux mille vingt-six, le dix-neuvième jour du mois de juin, les sénateurs se sont réunis en l’hémicycle du Sénat à Gitega pour la 51ème séance plénière de la septième législature pour analyser et adopter le projet de loi portant fixation du budget général de la République du Burundi pour l’exercice 2026-2027.
Les travaux de cette séance qui étaient dirigés par Très Honorable Président du Sénat, Gervais NDIRAKOBUCA ont vu la participation de 13 sénateurs et d’un représentant du Gouvernement, Dr. Alain NDIKUMANA, Ministre des Finances, du Budget et de l’Economie Numérique. La séance a débuté par une prière à 10 heures 12 minutes.
En guise de l’introduction, le Président du Sénat a d’abord souhaité la bienvenue aux honorables sénateurs et après un mot de bienvenu adressé à l’invité de marque du jour, une occasion lui a été offerte pour présenter l’exposé de motifs du projet de loi sous analyse.
Dans son exposé, le Ministre a fait savoir que le présent projet de loi de finances portant fixation du budget général de la République du Burundi pour l’exercice 2026-2027 est un acte juridique qui autorise le Gouvernement à prélever les recettes publiques au moyen de l’impôt et à exécuter les dépenses publiques en déterminant leur nature, leur montant et l’affectation des charges de l’Etat en mettant en relief l’équilibre budgétaire et financier qui en résulte. Sa préparation s’inscrit dans une logique de budgétisation pluriannuelle orientée vers la performance et prend en compte les orientations et les recommandations du Parlement lors de la présentation du document de programmation budgétaire et économique pluriannuelle (DPBEP) 2026-2027 à 2028-2029.
En effet, pour le budget de la République du Burundi pour l’exercice 2026-2027, le total des ressources (recettes et dons) passe de 5 015 690 387 074 de BIF en 2025-2026 à 6 296 037 770 453 de BIF en 2026-2027, soit une augmentation de 25,53 %. Les dépenses totales de ce budget général de l’Etat passent de 5 351 432 090 358 de BIF en 2025-2026 à 6 737 418 004 032 BIF en 2026-2027, soit une augmentation de 25,90 %. Le déficit global du projet de loi de finances pour l’exercice 2026-2027 s’élève à 441 380 233 579 BIF contre 335 741 703 284 de BIF du budget 2025-2026, soit une augmentation de 31,46 %. Ce déficit s’explique par la hausse du budget alloué à l’investissement selon les priorités retenues par le Gouvernement pour relancer l’économie nationale, à l’amélioration des infrastructures publiques et à la mise en œuvre effective de la politique salariale équitable a-t-il expliqué.
Avant de terminer son exposé, le Ministre a informé les honorables sénateurs que le financement qui permet d’équilibrer la loi de finances 2026-2027 est de 441 380 233 579 BIF. A cet effet, le financement extérieur net s’élève à -103 877 318 871 BIF alors que le financement intérieur net est de 545 257 552 450 BIF. En conclusion, la loi des finances pour l’exercice 2026-2027 se présente en équilibre selon le représentant du Gouvernement.
Après cet exposé, ce fut le tour du Président de la Commission Permanente chargé des questions Economiques, des Finances, du Budget, de l’Environnement, des questions Sociales, de la Jeunesse, des Sports et de la Culture, Honorable Imelde SABUSHIMIKE pour présenter le rapport produit par la commission.
Au terme de l’exposé et de la présentation de la Commission saisie au fond, la parole a été accordée aux sénateurs pour poser des questions d’éclaircissement dans le cadre du débat d’ordre général.
En rapport avec les mécanismes que le Gouvernement de la République du Burundi envisage d’utiliser pour améliorer la régulation des paiements et la trésorerie de l’Etat, le représentant du Gouvernement a expliqué que la régulation des paiements et la gestion de la trésorerie reposent sur une modernisation numérique, une mobilisation accrue des ressources internes et un contrôle renforcé des flux financiers. Pour le Ministre, cela a pour objectif principal de réduire les retards, améliorer la transparence et assurer la stabilité budgétaire selon la vision du Burundi « Pays Emergent en 2040 et Pays Développé en 2060 ».
A propos des inquiétudes soulevées par les sénateurs de savoir si la répartition sectorielle du budget de l’Etat pour l’exercice 2026-2027 respecte un équilibre entre sécurité et développement social, le Ministre a précisé que ce budget montre cette réalité avec une forte orientation vers les investissements structurants et la modernisation de l’administration publique.
A la question de savoir la stratégie à mettre en place pour mobiliser davantage les recettes fiscales et non fiscales, Dr Alain NDIKUMANA a répondu que c’est une stratégie d’accroître les recettes fiscales basée sur une meilleure organisation, un élargissement de l’assiette et une valorisation des ressources et des entreprises publiques. Le tout doit être accompagné d’un effort de transparence et de coopération internationale, a-t-il précisé.
A la question posée par les sénateurs de savoir ce que le Gouvernement envisage de faire pour garantir la stabilité des fonctionnaires de l’Etat en général et des enseignants et des médecins en particulier malgré les primes accordées à ces derniers pour éviter la fuite des cerveaux, le Ministre a indiqué que la politique salariale demeure une base solide sur laquelle s’appuie l’augmentation des rémunérations. Parallèlement, des analyses approfondies sont en cours afin d’évaluer la possibilité du Gouvernement de renforcer cette stabilité en facilitant l’accès des fonctionnaires aux crédits-logement auprès des banques commerciales. Cette démarche s’inscrit dans le respect d’une politique salariale équitable et équilibrée.
Les sénateurs ont voulu savoir pourquoi le Gouvernement de la République du Burundi a envisagé de louer des véhicules pour des ambassadeurs du Burundi en missions à l’étranger au lieu de les acheter, le Ministre a expliqué que le leasing est une location-vente avec la possibilité d’achat. Ce qui lui permet d’avoir un véhicule à sa disposition tout en gardant la liberté de décider à la fin du contrat s’il veut en devenir propriétaire.
Après les éclaircissements, adoption des amendements de forme et de fond, le projet de loi a été soumis au vote et adopté à l’unanimité des 13 sénateurs votants.
La séance qui s’est déroulée dans un climat de parfaite cohésion, a été clôturée par une prière samedi le 20 juin 2026 à 08 heures 28 minutes.